Contrôle de sûreté à l’aéroport : le passage du portique
Un tapis pour les bagages, un portique ou un scanner pour le passager, quelques agents qui décident si l’un ou l’autre mérite un second regard : le contrôle de sûreté tient en une vingtaine de mètres. En France, on parle de poste d’inspection filtrage, le PIF, et c’est lui qui sépare la partie publique de l’aéroport de la zone réservée où l’on attend son vol.
Le poste d’inspection filtrage
Le PIF est tenu par des agents de sûreté employés par des sociétés privées pour le compte de l’exploitant de l’aéroport, sous le contrôle de l’État. Les règles qu’ils appliquent ne sont pas propres à chaque plateforme : elles découlent du droit européen, en particulier du règlement (CE) n° 300/2008 et de ses textes d’application, complétés par des dispositions nationales. Ce socle commun explique qu’on retrouve les mêmes gestes à Nice, à Francfort ou à Lisbonne.
Juste avant le tapis, une borne ou un agent lit la carte d’embarquement : seuls les passagers du jour franchissent la ligne. La vérification d’identité, elle, revient à la compagnie au moment de l’embarquement, et le passage devant la police aux frontières ne concerne que les vols qui sortent de l’espace Schengen.
Bacs, ordinateurs et liquides sur le tapis
Tout ce qui voyage en cabine passe aux rayons X : sac, veste, ceinture à boucle métallique, contenu des poches. Sur les machines classiques, deux catégories doivent sortir du sac et occuper un bac à part : les appareils électroniques de grande taille (ordinateur portable, tablette, console) et le sachet transparent des liquides, soumis à la règle des 100 ml. La raison tient à l’image : sur une radiographie en deux dimensions, une batterie ou un flacon masque tout ce qui se trouve dessous.
Les scanners tomographiques, dits CT, changent la donne. Ils reconstituent le bagage en trois dimensions et permettent de laisser ordinateur et liquides dans le sac. Leur déploiement progresse à des rythmes très différents selon les aéroports, et le calendrier européen a déjà été modifié plusieurs fois. Le plus fiable reste la consigne publiée par l’aéroport de départ, qui peut même différer d’un terminal à l’autre.
Le portique et la détection des métaux
Le portique de détection émet un champ électromagnétique et repère les objets conducteurs qui le perturbent. Il ne voit ni le plastique, ni les liquides, ni les tissus, seulement le métal, avec un seuil de sensibilité réglé par l’exploitant. Une sonnerie ne vaut pas accusation : elle déclenche une vérification complémentaire, au détecteur manuel ou par palpation. Une partie des passagers est aussi désignée au hasard, sonnerie ou pas.
Les déclencheurs habituels sont connus : boucle de ceinture, monnaie, clés, montre massive, armatures de vêtements, chaussures à cambrion métallique. Les prothèses articulaires et certains implants font aussi sonner ; une carte de porteur d’implant aide à l’expliquer, sans dispenser du contrôle.
La cabine à ondes millimétriques
Le scanner corporel fonctionne autrement. Le passager se place dans une cabine, bras levés, pendant deux ou trois secondes, et l’appareil analyse le reflet d’ondes millimétriques, non ionisantes, sur la surface du corps. Il repère les objets portés sous les vêtements, métalliques ou non. L’agent ne voit aucune image du corps : l’écran affiche une silhouette standard sur laquelle les zones à vérifier sont signalées. En France, le passager peut refuser ce scanner ; il passe alors une palpation de sécurité, faite par un agent du même sexe.
Palpation et traces d’explosifs
Le test de traces d’explosifs est souvent pris pour une suspicion alors qu’il relève surtout du tirage au sort. L’agent passe une bandelette sur les mains, le sac ou un appareil électronique, puis l’introduit dans un analyseur qui recherche des particules caractéristiques. Le résultat tombe en quelques secondes. Le même tirage peut conduire à une fouille manuelle du bagage, faite devant son propriétaire.
Les objets refusés en cabine
La liste européenne est précise. Sont notamment refusés en cabine :
- les couteaux et ciseaux dont la lame dépasse 6 cm ;
- les outils dont la lame ou la tige dépasse 6 cm, et ceux qui servent à frapper ou à percer ;
- les battes, crosses et cannes de sport, les armes et leurs répliques ;
- les matières explosives ou inflammables, les bombes lacrymogènes, les produits chimiques et toxiques.
Un briquet par personne reste admis, porté sur soi. Une partie des objets refusés peut voyager en bagage en soute, pas tous : feux d’artifice et cartouches de gaz sont exclus partout. Un objet confisqué au PIF est abandonné.
Après le portique, la zone réservée
Une fois passé, le passager reste en zone réservée jusqu’à la porte d’embarquement. Un second contrôle peut toutefois l’attendre : lors d’une correspondance à Roissy qui oblige à changer de terminal par l’extérieur, ou en arrivant d’un aéroport hors Union européenne, car l’Union reconnaît les contrôles faits dans ses propres aéroports, pas toujours ceux d’ailleurs. Je préfère arriver au tapis avec un sac déjà organisé, ordinateur sur le dessus et sachet accessible : c’est le seul endroit du voyage où l’ordre d’un bagage se voit en public.
Questions de passagers
Peut-on refuser de passer dans le scanner corporel ?
Oui, en France ce refus est prévu par les textes. L'agent propose alors une palpation complète, éventuellement dans un espace isolé si le passager le demande. Le refus ne dispense d'aucun autre contrôle.
Le scanner à ondes millimétriques est-il dangereux pour la santé ?
Ces ondes ne sont pas ionisantes, contrairement aux rayons X des tapis à bagages. La puissance émise est très faible et l'exposition dure quelques secondes. Les femmes enceintes et les porteurs d'implants peuvent l'emprunter.
Pourquoi faut-il parfois retirer ses chaussures ?
Les semelles épaisses ou renforcées par une pièce métallique gênent la détection au portique. Selon l'aéroport, les agents demandent de les passer aux rayons X, de façon systématique ou ponctuelle. Des chaussures fines et sans métal évitent la question.