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Correspondance à Roissy : changer de terminal

Par Max · · 3 min de lecture

Hall du terminal 2E de Roissy-Charles-de-Gaulle sous sa voûte en bois, avec passerelles et comptoirs
Intérieur du terminal 2E de l'aéroport Paris-Charles-de-Gaulle, à Roissy. — Syced · CC0 — Wikimedia Commons

Roissy-Charles-de-Gaulle s’étend sur plus de 3 000 hectares, et changer de terminal y revient à changer de quartier. La durée du transfert dépend de trois facteurs : la distance entre les deux halls, le passage éventuel d’une frontière et la nécessité, ou non, de repasser un contrôle de sûreté.

Trois terminaux et sept halls au 2

L’aéroport compte trois terminaux. Le T1, mis en service en 1974, est le cylindre de béton dessiné par Paul Andreu : l’aérogare 1 de Roissy distribue ses passagers vers sept satellites reliés par des souterrains, et ses tubes de tapis roulants traversent le puits central. Le T2, ouvert à partir de 1982 et agrandi par tranches, aligne sept halls, de 2A à 2G, le long d’un axe de plusieurs kilomètres ; c’est la base d’Air France et de ses partenaires. Le T3, bâtiment plus simple proche de la gare de Roissypôle, accueille surtout des vols charters et à bas coûts.

Au sein du T2, les halls 2A à 2F se rejoignent à pied, côté ville et souvent côté piste. Le 2E se prolonge vers ses halls L et M par une navette automatique interne. Le 2G, conçu pour les vols régionaux en petits porteurs, est à part : on l’atteint par une navette bus depuis les halls 2E et 2F.

La navette automatique sans conducteur

CDGVAL est une navette automatique gratuite qui relie le T1, le T3 et sa gare RER de Roissypôle, puis le T2 et sa gare TGV et RER, avec deux arrêts intermédiaires desservant des parkings. Le trajet complet dure de l’ordre de huit minutes, avec des rames fréquentes en journée. Elle circule côté ville, hors zone réservée : un passager qui l’emprunte pour aller du T1 au T2 quitte la zone sous douane ou de sûreté, puis repasse un filtrage à l’arrivée. C’est ce détour qui fait d’une correspondance T1–T2 l’une des plus longues de l’aéroport.

Frontière Schengen et nouveau filtrage

Le second facteur est la frontière. Un passager qui arrive de New York et repart pour Rome entre dans l’espace Schengen à Roissy : il passe par les sas PARAFE ou par un guichet de la police aux frontières avant de rejoindre son hall de départ. Le parcours inverse, de Madrid vers Singapour, impose une sortie de Schengen, avec le même passage au contrôle des passeports.

Le troisième facteur est la sûreté. Un voyageur venant d’un aéroport de l’Union européenne n’a en général pas besoin d’un nouveau filtrage s’il reste côté piste : l’Union reconnaît ses propres contrôles. En provenance d’un pays tiers, un nouveau passage est fréquent, avec les mêmes contraintes qu’au départ, règle des 100 ml comprise, ce qui pose la question des alcools et parfums achetés à l’escale précédente.

Le MCT, un minimum fixé par l’aéroport

Le temps minimum de correspondance, ou MCT, est fixé par l’aéroport et par les compagnies pour chaque combinaison de terminaux et de flux. Il intègre la marche, les contrôles et la manutention des bagages. Entre deux terminaux, il est de l’ordre d’une heure ou davantage ; à l’intérieur d’un même hall et dans un même flux, il descend nettement. Un billet unique, émis par une compagnie ou ses partenaires, respecte forcément ce minimum, et la compagnie prend en charge la suite du voyage si la correspondance est manquée. Deux billets séparés n’offrent aucune de ces garanties : il faut récupérer son bagage en soute, sortir, le réenregistrer et repasser tous les contrôles.

Les panneaux et la porte

À la descente de l’avion, les panneaux de correspondance indiquent les halls par lettre et orientent selon que le vol suivant est en zone Schengen ou non. Le hall figure sur la carte d’embarquement, mais la porte d’embarquement est souvent attribuée plus tard et peut changer : les écrans d’affichage et l’application de la compagnie font foi. Le code IATA de destination, imprimé à côté du numéro de vol, permet de repérer son départ d’un coup d’œil sur un écran chargé.

Avant d’atterrir, je regarde le plan du terminal 2 dans le magazine de bord ou sur l’application : entre le 2A et le 2G, les distances sont telles qu’un mauvais choix de direction coûte un quart d’heure. Les tapis roulants et les ascenseurs sont nombreux, et des fauteuils roulants avec accompagnement se réservent auprès de la compagnie pour les passagers qui en ont besoin.

Questions de passagers

Faut-il récupérer sa valise lors d'une correspondance à Roissy ?

Non, si les deux vols sont réservés sur le même billet : le bagage est transféré directement. Avec deux billets distincts, la valise arrive sur le tapis et doit être réenregistrée.

Combien de temps prend le trajet en CDGVAL ?

Comptez quelques minutes de rame entre deux terminaux, auxquelles s'ajoutent la marche jusqu'à la station et l'attente. Le temps réel d'un changement de terminal est surtout dicté par les contrôles. La navette elle-même est rarement le goulet.

Pourquoi le terminal 2G se rejoint-il en bus ?

Le 2G a été construit à l'écart des autres halls pour accueillir des avions régionaux, sur une zone sans liaison piétonne directe. Une navette routière fait le lien avec les halls 2E et 2F. Il faut prévoir ce trajet supplémentaire dans le temps de correspondance.