PARAFE et passage de la frontière à l’aéroport
PARAFE, pour Passage automatisé rapide aux frontières extérieures, désigne les sas qui remplacent le guichet de la police aux frontières pour une partie des voyageurs dans les grands aéroports français. Le passeport est lu, le visage comparé à la photo stockée dans la puce, la porte s’ouvre en quelques secondes : c’est un contrôle aux frontières complet, simplement automatisé.
Schengen et les vols qui franchissent une frontière
Un Paris–Madrid ou un Lyon–Berlin ne franchit aucune frontière au sens du contrôle : à l’intérieur de l’espace Schengen, le passager ne passe que le contrôle de sûreté et la vérification d’identité faite par la compagnie. Le passage de la frontière intervient quand on quitte cet espace ou qu’on y entre : Londres, New York, Casablanca ou Dubaï, mais aussi Dublin, puisque l’Irlande est restée en dehors de Schengen. Dans les aérogares, ces flux sont séparés physiquement, avec des salles d’embarquement distinctes, et les écrans d’affichage indiquent la zone de chaque vol.
Le passeport biométrique et la caméra
Les premiers sas, installés à la fin des années 2000, reposaient sur les empreintes digitales et demandaient une inscription préalable. Les équipements actuels fonctionnent par reconnaissance faciale, sans inscription. Le passeport, posé page photo contre le lecteur, est authentifié grâce à sa puce ; une caméra capte le visage et le compare à l’image enregistrée. Lunettes de soleil, casquette ou écharpe remontée sur le menton font échouer la comparaison plus sûrement qu’un éclairage médiocre. Le sas fonctionne avec une porte d’entrée et une porte de sortie : la seconde ne s’ouvre qu’une fois la vérification terminée, ce qui interdit le passage à deux.
Les sas sont installés dans les principaux aéroports, à Roissy comme à l’aéroport d’Orly, ainsi qu’à Nice, Marseille ou Lyon, et dans plusieurs gares desservant le Royaume-Uni.
Les voyageurs admis dans les sas
Les sas sont réservés aux ressortissants de l’Union européenne, de l’Espace économique européen et de la Suisse, munis d’un passeport biométrique. Les adultes y passent sans condition particulière ; certains équipements acceptent les mineurs à partir de 12 ans accompagnés d’un adulte, selon l’aéroport. Le guichet reste obligatoire dans plusieurs cas :
- passeport ancien sans puce, ou carte d’identité refusée par le lecteur ;
- enfant trop jeune pour le sas ou famille qui préfère passer ensemble ;
- visage non reconnu après deux ou trois tentatives ;
- ressortissant d’un pays tiers soumis à un contrôle approfondi.
Le guichet et l’agent de la PAF
La police aux frontières, la PAF, est une direction de la police nationale chargée du contrôle des personnes aux frontières. Au guichet, l’agent vérifie le document de voyage, la validité du visa quand il est requis, et peut interroger un voyageur non européen sur l’objet de son séjour, ses ressources ou son billet retour. Un citoyen européen n’a jamais eu de tampon sur son passeport ; un ressortissant de pays tiers en recevait un à chaque entrée et sortie, ce qui permettait de calculer la durée de son séjour. C’est précisément ce tampon que le système suivant fait disparaître.
L’EES, le registre européen des entrées et sorties
Depuis le 12 octobre 2025, le système d’entrée et de sortie, l’EES, est mis en service progressivement aux frontières extérieures de Schengen, sur une période de six mois. Il concerne les ressortissants de pays tiers en court séjour, qu’ils aient besoin d’un visa ou non. Au premier passage, leur visage et leurs empreintes sont enregistrés ; ensuite, chaque entrée et chaque sortie est consignée électroniquement, ce qui remplace le tampon et rend le calcul des 90 jours sur 180 automatique. Des bornes libre-service permettent de faire une partie de l’enregistrement avant le guichet. Une autorisation de voyage en ligne, l’ETIAS, est prévue après l’EES pour les voyageurs exemptés de visa. Les citoyens européens ne sont concernés par aucun des deux.
L’ordre des contrôles selon le sens du vol
Au départ vers un pays hors Schengen, le passager enchaîne enregistrement, filtrage de sûreté et frontière, l’ordre des deux derniers variant selon le terminal ; au guichet, la carte d’embarquement est parfois demandée avec le passeport. À l’arrivée, la frontière vient en premier, puis la salle de livraison du bagage en soute, puis la douane. En correspondance, la frontière se franchit à l’intérieur même de l’aéroport : lors d’une correspondance à Roissy entre un vol venant de Montréal et un vol pour Rome, le passage aux sas ou au guichet se fait entre les deux avions, et le temps minimum de correspondance en tient compte. Je tiens le sas pour le passage le plus rapide, à condition de sortir le passeport avant d’arriver dans la file.
Sur le même vol Liquides en cabine · Orly, Roissy
Questions de passagers
Peut-on utiliser PARAFE avec une carte d'identité ?
Les sas sont conçus pour le passeport biométrique, dont la puce contient la photo de référence. Certains équipements récents lisent aussi des cartes d'identité à puce, mais ce n'est pas généralisé. Le passeport reste le document qui fonctionne partout.
Pourquoi le sas refuse-t-il parfois un passeport valide ?
Le plus souvent, la comparaison faciale échoue à cause d'un accessoire, d'un changement d'apparence important ou d'une mauvaise position face à la caméra. Une puce endommagée produit le même résultat. Le voyageur est alors orienté vers un guichet, sans autre conséquence.
Un enfant peut-il passer seul par les sas ?
Non : les mineurs admis le sont à partir de 12 ans et accompagnés d'un adulte, et seulement sur certains équipements. En dessous, ou si le sas ne l'accepte pas, toute la famille passe au guichet de la police.