Voyager en avion avec un bébé
Jusqu’à 2 ans, un enfant voyage le plus souvent sur les genoux d’un adulte, attaché par une ceinture bébé reliée à celle du parent, ou dans son propre siège si une place a été réservée pour lui. Sur long-courrier, un berceau de bord fixé à la cloison permet de le coucher. Le reste tient à quelques règles de sûreté et à une bonne gestion de la descente, moment où les oreilles souffrent le plus.
Sur les genoux, avec une boucle de ceinture
En Europe, les compagnies fournissent une ceinture ventrale spécifique : une sangle en boucle qui passe autour de la taille du bébé et se fixe sur la ceinture de l’adulte. Elle se boucle pour le roulage, le décollage, l’atterrissage et chaque fois que le signal ceinture s’allume. Aux États-Unis, la FAA n’autorise pas ces ceintures en boucle : l’enfant est simplement tenu dans les bras, ce qui explique des pratiques différentes selon la compagnie et le pays.
Un adulte ne peut tenir qu’un seul bébé sur ses genoux. Le nombre de nourrissons par rangée est également limité, parce que chaque bloc de sièges compte un seul masque à oxygène supplémentaire : la compagnie attribue donc les places en conséquence, et la rangée d’issue de secours est exclue pour un adulte accompagné d’un bébé.
Un siège auto homologué sur une place payée
Lorsqu’une place est réservée pour l’enfant, il peut voyager dans un siège auto, à condition que celui-ci porte une homologation reconnue pour l’aviation et qu’il tienne dans la largeur du siège passager. Il s’installe avec la ceinture de l’avion, en général près du hublot pour ne pas gêner l’évacuation des autres passagers de la rangée. Les compagnies publient la liste des modèles et des marquages acceptés ; les sièges rehausseurs, eux, sont refusés pendant le décollage et l’atterrissage.
Le berceau de bord sur les vols longs
Sur un long-courrier, un berceau de bord, appelé aussi bassinet, s’accroche à la cloison devant les premières rangées de chaque section. Il se réserve à l’avance, sans garantie, car les emplacements sont peu nombreux. La limite tient au poids et à la taille du bébé, de l’ordre de 10 à 11 kg et 70 à 75 cm selon la compagnie et le type d’avion. Le berceau ne s’utilise qu’en croisière : le bébé doit être repris sur les genoux, attaché, pour le décollage, l’atterrissage et pendant les turbulences signalées par l’équipage.
Sur un vol de nuit, il change le confort du trajet pour l’enfant comme pour le parent, qui récupère ses bras pendant plusieurs heures.
Biberons, petits pots et poussette
La règle des 100 ml ne s’applique pas au lait, à l’eau et aux aliments pour bébé nécessaires pendant le voyage : ces liquides en cabine sont acceptés en quantité adaptée à la durée du trajet, présentés à part au contrôle de sûreté, où un agent peut demander à les tester. Les petits pots et les compotes en gourde entrent dans la même exception.
La poussette suit le plus souvent jusqu’à la porte de l’avion, où elle est remise au personnel au sol et chargée en soute ; selon l’aéroport, elle est rendue à la sortie de l’appareil ou sur le tapis à bagages. Chaque enfant, même nourrisson, a besoin de son propre document d’identité, carte d’identité ou passeport selon la destination.
Les compagnies fixent aussi un âge minimal pour voyager, souvent de l’ordre de quelques jours à deux semaines après la naissance, parfois avec un certificat médical pour les tout premiers jours.
Les oreilles pendant la descente
Un bébé ne sait pas déglutir volontairement pour équilibrer la pression. Sa trompe d’Eustache, plus courte et plus horizontale que celle de l’adulte, se débouche moins facilement, d’où des pleurs fréquents en fin de vol. Le moment critique n’est pas le décollage mais la descente : la pression de la cabine augmente pendant vingt à trente minutes, ce qui écrase le tympan vers l’intérieur.
- proposer le sein, le biberon ou une tétine dès le début de la descente, annoncée par le changement de régime des moteurs et les premières annonces de préparation à l’atterrissage ;
- garder l’enfant éveillé à ce moment-là si possible, la déglutition étant plus rare pendant le sommeil ;
- en cas de rhume, les oreilles bouchées sont plus probables et plus douloureuses : la question d’un lavage de nez ou d’un traitement avant un vol est à demander au médecin.
Depuis le hublot, je repère le début de la descente au premier changement de son des moteurs, bien avant le signal ceinture : c’est le bon moment pour sortir le biberon.
Chaleur, air sec et place à bord
L’humidité de la cabine descend à 10 ou 20 % en croisière : faire boire régulièrement le bébé et prévoir une couche de vêtements en plus, car la température varie d’une zone de cabine à l’autre. Le siège côté couloir facilite les allers et retours vers les toilettes, où se trouve en général la table à langer, absente sur certains moyen-courriers.
Questions de passagers
Peut-on garder le bébé dans le porte-bébé pendant le décollage ?
Non, les compagnies européennes demandent de le sortir du porte-bébé et de l'attacher avec la ceinture en boucle fournie à bord. Le porte-bébé redevient utilisable en croisière, quand le signal ceinture est éteint.
Faut-il réserver le berceau en même temps que le billet ?
Mieux vaut le demander le plus tôt possible, au moment de la réservation ou juste après. Les berceaux sont en nombre limité sur chaque appareil et attribués selon les demandes, sans être garantis.
Pourquoi les bébés pleurent-ils à l'atterrissage ?
Parce que la pression remonte dans la cabine et que leur oreille moyenne s'équilibre mal. Téter ou boire pendant la descente les fait déglutir et soulage le tympan.