Liquides en cabine : la règle des 100 ml et ses exceptions
Depuis novembre 2006, un passager au départ d’un aéroport européen n’emporte en cabine que des liquides en contenants de 100 ml au plus, regroupés dans un sac plastique transparent d’environ un litre. La règle prévoit des exceptions écrites pour les médicaments, l’alimentation des nourrissons et les achats faits après le contrôle, et elle commence à évoluer avec les nouveaux scanners.
Le complot déjoué à Londres en août 2006
La restriction est née d’une affaire précise. En août 2006, la police britannique déjoue un projet d’attentat visant plusieurs vols transatlantiques au départ de Londres : les auteurs prévoyaient d’assembler à bord des explosifs liquides dissimulés dans des bouteilles de boisson. Les mesures prises le jour même à Heathrow interdisent presque tout bagage à main. L’Union européenne harmonise ensuite le dispositif par un règlement appliqué à partir de début novembre 2006, et c’est ce cadre que l’on connaît encore, repris par la plupart des pays du monde.
La capacité du flacon, pas son remplissage
La limite de 100 ml porte sur la capacité indiquée sur le contenant, pas sur ce qu’il reste dedans. Un tube de dentifrice de 125 ml presque vide est refusé ; deux flacons pleins de 100 ml passent. Tous les contenants doivent tenir dans un seul sac transparent refermable d’une contenance d’environ un litre, de l’ordre de 20 × 20 cm, qui se ferme sans forcer. Un sac par passager, présenté à part au contrôle de sûreté, sauf sur les lignes équipées de scanners de dernière génération.
La notion de liquide est plus large que ce qu’on imagine. Elle couvre :
- les boissons, soupes et sirops ;
- les crèmes, lotions, huiles et parfums ;
- les gels, le dentifrice, le mascara et les rouges à lèvres liquides ;
- les aérosols, mousses à raser et déodorants en spray ;
- les pâtes et produits à tartiner : miel, confiture, terrines, fromages frais.
Le critère appliqué par les agents est pratique : tout ce qui coule, s’étale ou se vaporise compte comme liquide. Un fromage à pâte dure passe librement, une terrine rejoint le sachet.
Médicaments, lait infantile et régimes prescrits
Les médicaments liquides nécessaires pendant le voyage sont admis au-delà de 100 ml et hors du sachet transparent, à condition d’être présentés séparément. Une ordonnance n’est pas toujours exigée, mais elle évite la discussion, surtout pour une quantité importante, un stylo injecteur ou des seringues. Le même principe vaut pour un bébé en avion : lait, eau, petits pots et compotes passent dans la quantité utile au trajet, et l’agent peut demander d’ouvrir un contenant pour un test. Les aliments imposés par un régime médical suivent la même logique.
Les achats sous sac scellé
Parfum, alcool ou crème achetés en zone réservée, sur présentation de la carte d’embarquement, sont remis dans un sac à témoin d’effraction, le STEB, scellé avec le ticket visible à l’intérieur. Ce sac doit rester fermé jusqu’à la destination finale. Le point délicat est le vol avec escale : si la correspondance impose un nouveau passage au filtrage, un sac ouvert est refusé, et un sac scellé dans un aéroport hors Union européenne n’est pas toujours accepté. Lors d’une correspondance à Roissy en provenance d’un pays tiers, mieux vaut garder ces achats pour la fin du voyage.
Les scanners tomographiques et la limite de 2 litres
Les scanners CT, qui produisent une image en trois dimensions du bagage, savent analyser les liquides sans qu’on les sorte du sac. Plusieurs aéroports européens équipés ont relevé la limite jusqu’à 2 litres par contenant ; la Commission européenne a ensuite rétabli la règle des 100 ml à l’été 2024 sur une partie de ces équipements, le temps de vérifier leurs performances. Le dispositif a été revu depuis, et la situation reste propre à chaque aéroport, parfois à chaque file. Une consigne vue à Amsterdam ne vaut pas pour Lyon, ni même pour le vol retour.
La gourde vide et les grands formats
Une bouteille ou une gourde vide passe sans difficulté et se remplit aux fontaines installées en zone réservée dans la plupart des grands aéroports. Je préfère cette solution à la bouteille achetée après le portique : l’humidité de la cabine tombe vers 10 à 20 % sur un long trajet, et boire régulièrement est plus simple quand l’eau est déjà sous la main. Tout ce qui dépasse la règle peut voyager en bagage en soute, bouchon serré et flacon emballé, sous réserve des produits inflammables ou toxiques interdits partout.
Questions de passagers
Peut-on emporter plusieurs sachets de liquides si l'on voyage à deux ?
Chaque passager a droit à son propre sachet d'un litre, enfant compris. Les sachets ne se partagent pas : un voyageur ne peut pas en présenter deux à son nom. Les flacons d'un couple se répartissent donc entre deux sacs.
Pourquoi un tube presque vide est-il refusé ?
L'agent ne mesure pas le volume restant, il lit la contenance imprimée. Un contenant de 150 ml dépasse la limite, qu'il soit plein ou non. Transvaser dans un flacon de voyage règle le problème.
Que faire d'une bouteille d'eau entamée avant le filtrage ?
La boire ou la vider avant le tapis : au-delà de 100 ml, elle sera retirée. Les poubelles placées en amont du contrôle servent précisément à cela. Une fois vide, la bouteille peut rester dans le sac.