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Dormir en vol sur un long-courrier

Par Max · · 3 min de lecture

Cabine économique d'un gros-porteur éclairée en violet tamisé, rangées de sièges et écrans individuels
Cabine économique d'un Boeing 777 d'Air India sous éclairage d'ambiance de nuit, sur la ligne Delhi-Paris. — Prateek Karandikar · CC BY-SA 4.0 — Wikimedia Commons

Sur un long-courrier, l’enjeu n’est pas tant de bien dormir que de dormir au bon moment. Quelques heures de sommeil placées au bon endroit du trajet valent mieux qu’une nuit complète décalée, et l’essentiel se joue sur quatre leviers : la position, la lumière, le bruit et l’horaire.

L’horaire calé sur la destination

Le sommeil à bord se décide en fonction de l’heure d’arrivée, pas de l’heure de départ. Un Paris–Tokyo qui décolle, par exemple, en fin de matinée et atterrit le lendemain matin, heure locale, invite à dormir pendant la seconde moitié du vol, qui correspond à la nuit japonaise. Un Paris–New York partant à midi arrive en début d’après-midi à l’heure de la côte Est : mieux vaut rester éveillé et se coucher tôt sur place. Régler sa montre sur l’heure de destination dès l’embarquement aide à raisonner ainsi, et prépare l’horloge biologique au changement. Le décalage horaire se gère en partie avant même d’avoir atterri.

Le vol de nuit vers l’est, typique des liaisons entre l’Europe et l’Asie ou entre l’Amérique du Nord et l’Europe, est le plus exigeant : la nuit à bord est raccourcie de plusieurs heures par le décalage, et le petit-déjeuner arrive alors que le corps se croit au milieu de la nuit.

La place et l’appui de la tête

En classe économique, le siège côté hublot reste le meilleur allié du sommeil : une paroi pour caler la tête et personne pour demander le passage. Le siège côté couloir permet en revanche de se lever sans réveiller ses voisins, ce qui compte sur un trajet de plus de dix heures. Le milieu de cabine, au niveau de l’aile, bouge moins en cas de turbulences, et l’avant est moins bruyant que l’arrière, près des réacteurs et des galleys.

Je préfère un oreiller gonflable en forme de U pour soutenir la nuque : sans lui, la tête tombe vers l’avant dès l’endormissement, et c’est ce mouvement qui réveille. Basculer le dossier, même de quelques degrés, soulage aussi le bas du dos, à condition de prévenir le passager de derrière pendant le service.

Lumière, masque et bouchons d’oreille

Après le premier service, l’équipage baisse l’éclairage et les hublots se ferment. Sur les Boeing 787, ce sont des vitres électrochromes que l’équipage peut assombrir depuis un panneau central. Un masque de nuit opaque coupe ce qui reste : écrans des voisins, lumière du galley, veilleuses de l’allée. Le bruit de fond, de l’ordre de 80 décibels, se réduit avec des bouchons en mousse ou un casque à réduction de bruit, plus efficace sur le grondement grave des moteurs que sur les voix.

Pour ne pas être réveillé par l’équipage, la ceinture doit rester visible par-dessus la couverture : le signal lumineux peut s’allumer à tout moment, et les PNC vérifient alors que chacun est attaché.

Alcool, eau et repas

Un verre de vin aide à s’endormir mais fragmente le sommeil qui suit et accentue l’effet de l’air sec. L’humidité de la cabine tombe vers 10 à 20 %, et boire de l’eau régulièrement limite la gorge sèche au réveil. Le repas en vol arrive en général dans l’heure qui suit le décollage ; certaines compagnies permettent de le décliner pour dormir aussitôt, ou de le recevoir plus tard. Sur les vols où le sommeil est la priorité, manger léger avant l’embarquement est une bonne option.

Pour les somnifères et la mélatonine, il faut demander au médecin : un sommeil trop profond immobilise le corps pendant des heures, ce qui pèse sur les jambes lourdes et le risque de thrombose veineuse. Se lever, marcher et bouger les chevilles à chaque réveil reste utile.

Le lit à plat de la classe affaires

En classe affaires long-courrier, la plupart des grandes compagnies proposent un siège-lit, entièrement à plat, d’une longueur de l’ordre de deux mètres. Les configurations récentes donnent accès à l’allée depuis chaque siège, ce qui supprime la gêne de l’enjambement. Couette, oreiller et trousse de nuit complètent l’équipement. La classe premium économique, intermédiaire, offre un dossier plus incliné et un repose-jambes, sans position allongée.

Quelques compagnies proposent aussi, en classe économique, une rangée de trois sièges dont les repose-jambes se relèvent pour former une couchette, vendue en supplément. Les membres d’équipage disposent quant à eux de compartiments de repos séparés, souvent au-dessus de la cabine ou sous le plancher, sur les appareils qui assurent les plus longues liaisons.

Questions de passagers

Faut-il dormir dans l'avion si l'on arrive le matin ?

Oui, autant que possible, car la journée qui suit l'arrivée doit être vécue éveillé. Quelques heures de sommeil à bord suffisent à tenir jusqu'au soir local. Une sieste courte sur place, sans dépasser une demi-heure, aide si la fatigue est trop forte.

Peut-on s'allonger sur des sièges libres en classe économique ?

Si la rangée est vide et que l'équipage l'autorise, c'est en général possible une fois le signal de ceinture éteint. La ceinture doit rester attachée en position allongée. Certaines compagnies réservent toutefois ces rangées libres à une offre payante.

Pourquoi se réveille-t-on avec les pieds gonflés ?

L'immobilité prolongée en position assise ralentit le retour du sang veineux, et les liquides s'accumulent dans les chevilles. Marcher dans l'allée et faire travailler les mollets limite ce gonflement. Il disparaît d'ordinaire en quelques heures après l'arrivée.