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FMots et histoire

Codes IATA et OACI des aéroports

Par Max · · 3 min de lecture

Tableau d'affichage des départs avec horaires, destinations et numéros de vol en lettres blanches sur fond bleu
Tableau des départs de la zone A de l'aéroport de Zurich. — Stimpy · CC BY-SA 4.0 — Wikimedia Commons

CDG pour le passager, LFPG pour le pilote : un grand aéroport porte presque toujours deux codes, attribués par deux organisations différentes pour deux usages différents. Le premier, à trois lettres, sert aux billets et aux bagages ; le second, à quatre lettres, aux plans de vol et à la navigation aérienne.

Trois lettres pour le transport commercial

Le code IATA est attribué par l’Association du transport aérien international, qui fédère les compagnies. Il figure sur la carte d’embarquement, sur l’étiquette bagage collée à la valise, sur les écrans de départ et dans tous les systèmes de réservation. Trois lettres offrent un peu plus de 17 500 combinaisons, de quoi couvrir les aéroports et une partie des gares ferroviaires reliées au réseau aérien. Certaines villes ont en plus un code de métropole : PAR regroupe les aéroports parisiens, LON ceux de Londres, NYC ceux de New York. Lors d’une correspondance à Roissy, le code reste CDG quel que soit le terminal.

Quatre lettres pour la navigation

Le code OACI dépend de l’Organisation de l’aviation civile internationale, l’agence des Nations unies basée à Montréal. Il apparaît dans les plans de vol, les messages météo, les cartes de navigation et sur les écrans des contrôleurs aériens. Contrairement à son cousin commercial, il obéit à une logique géographique : la première lettre désigne une grande région du monde, la deuxième le pays, les deux dernières l’aéroport.

LF, la France dans la nomenclature

L couvre l’Europe du Sud, E l’Europe du Nord. LF désigne la France, LE l’Espagne, LI l’Italie, LS la Suisse ; EB la Belgique, ED l’Allemagne, EG le Royaume-Uni. Le F rappelle le préfixe d’immatriculation des avions français, mais les deux systèmes sont distincts : l’immatriculation désigne un appareil, le code un lieu. En métropole, la troisième lettre est souvent partagée par les aéroports d’une même région.

Aéroport IATA OACI
Paris-Charles-de-Gaulle CDG LFPG
Paris-Orly ORY LFPO
Nice-Côte d’Azur NCE LFMN
Lyon-Saint-Exupéry LYS LFLL
Marseille-Provence MRS LFML
Bordeaux-Mérignac BOD LFBD
Toulouse-Blagnac TLS LFBO

Le P de la région parisienne se retrouve dans LFPG, dans LFPO pour l’aéroport d’Orly et dans LFPB pour Le Bourget ; le M du Sud-Est dans LFMN et LFML ; le B du Sud-Ouest dans LFBD et LFBO. Outre-mer, les préfixes changent : TFFR pour Pointe-à-Pitre, FMEE pour La Réunion.

K aux États-Unis, C au Canada

Aux États-Unis continentaux, le code OACI se forme le plus souvent en ajoutant un K devant les trois lettres commerciales : JFK devient KJFK, LAX devient KLAX. Le Canada suit un schéma voisin avec un C : Montréal-Trudeau, YUL, devient CYUL, et Toronto-Pearson, YYZ, devient CYYZ. Presque tous les grands aéroports canadiens ont d’ailleurs un code à trois lettres commençant par Y, une particularité qui les rend reconnaissables sur n’importe quelle étiquette.

Lettres héritées et noms disparus

Avant la généralisation des trois lettres, dans les années 1940, beaucoup d’aéroports américains avaient un code à deux lettres. Los Angeles, LA, est ainsi devenu LAX par simple ajout d’un X, comme Portland est devenu PDX. D’autres codes gardent la trace d’un nom effacé : ORD, pour Chicago-O’Hare, vient d’Orchard Field, l’ancien nom du terrain ; MCO, pour Orlando, de McCoy, une ancienne base aérienne. En France, ORY et CDG se lisent sans peine, et LYS renvoie à la ville plutôt qu’à Saint-Exupéry. Je trouve que la liste des codes d’aéroport se parcourt comme un petit atlas de l’histoire aérienne.

AF, AFR et « Airfrans »

La même double logique s’applique aux compagnies. Air France est AF pour l’IATA, sur le billet et le numéro de vol, et AFR pour l’OACI, dans le plan de vol et dans l’indicatif que le transpondeur transmet au radar. À la radio, les pilotes ne prononcent ni l’un ni l’autre mais un indicatif d’appel : « Airfrans ». British Airways, BA et BAW, s’annonce « Speedbird », du nom de l’emblème de l’Imperial Airways qui l’a précédée. Pour éviter les confusions entre vols aux numéros proches sur une même fréquence, l’indicatif radio diffère parfois du numéro commercial, avec des lettres à la place de certains chiffres. Quand je note le type d’avion avant d’embarquer, le code OACI du vol complète souvent la ligne du carnet.

Questions de passagers

Pourquoi Paris-Charles-de-Gaulle a-t-il deux codes ?

Chaque code répond à un usage. Compagnies et agences emploient CDG, défini par l'association des transporteurs ; équipages et services de navigation utilisent LFPG, défini par l'organisation intergouvernementale de l'aviation civile. Les deux coexistent depuis des décennies sans se gêner.

Un code d'aéroport peut-il changer ?

Rarement. Quand une ville remplace son aéroport, le code suit en général le nouveau terrain : HKG est passé de Kai Tak à Chek Lap Kok en 1998, DEN de Stapleton au nouvel aéroport de Denver en 1995. Les changements sans raison de ce type restent exceptionnels, car ils obligent à mettre à jour tous les systèmes de réservation.

Que signifie le L au début des codes OACI français ?

Il désigne la grande région Europe du Sud, qui regroupe notamment la France, l'Espagne, l'Italie, la Suisse et les Balkans. La lettre suivante précise le pays, F pour la France. Les départements d'outre-mer relèvent d'autres régions et portent d'autres préfixes.