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CLe corps en altitude

Prendre l’avion enceinte : les règles des compagnies

Par Max · · 4 min de lecture

Grand hall lumineux d'aéroport sous une charpente métallique vitrée, voyageurs avec valises à roulettes
Hall du terminal 1 de l'aéroport de Hambourg, en Allemagne. — Thomas Dahlstrøm Nielsen · CC BY-SA 4.0 — Wikimedia Commons

Vingt-huit semaines : c’est le seuil à partir duquel la plupart des compagnies demandent un certificat à une passagère enceinte, avant de refuser l’embarquement autour de 36 semaines pour une grossesse simple et de 32 semaines pour une grossesse multiple. Ces chiffres varient d’une compagnie à l’autre et s’appliquent à la date de chaque vol, retour compris. Pour une grossesse sans complication, l’avion lui-même ne pose pas de problème particulier.

Les seuils de 28, 32 et 36 semaines

Les règles se ressemblent d’une compagnie européenne à l’autre, avec des nuances :

  • jusqu’à 28 semaines : voyage libre, sans document, dans la grande majorité des cas ;
  • de 28 à 36 semaines : un certificat de non-contre-indication est souvent exigé, parfois seulement recommandé ;
  • au-delà de 36 semaines (32 pour des jumeaux ou plus) : embarquement refusé chez la plupart des transporteurs, certains fixant la limite plus tôt pour les vols longs.

Le compte se fait en semaines d’aménorrhée ou en semaines de grossesse selon la compagnie, ce qui décale le seuil d’environ deux semaines : la formulation exacte figure dans les conditions de transport, rubrique femme enceinte ou assistance médicale. Une femme enceinte de 33 semaines au départ peut se retrouver hors limite au moment du retour si le séjour dure trois semaines ; c’est le cas de figure qui surprend le plus souvent au comptoir.

Pour les vols hors d’Europe, la réglementation du pays d’arrivée et celle de la compagnie qui opère réellement le vol s’appliquent, y compris sur un billet en partage de code.

Le certificat de non-contre-indication

Ce document atteste que la grossesse se déroule normalement et qu’aucun élément ne s’oppose au vol prévu. Il mentionne en général la date prévue d’accouchement, le nombre de fœtus et l’absence de complication. Les compagnies demandent qu’il soit récent, daté de quelques jours avant le départ, et rédigé en français ou en anglais selon la destination. Il est rédigé par le praticien qui suit la grossesse.

Certaines compagnies disposent d’un service médical interne qui valide le dossier à l’avance, notamment pour un long-courrier tardif. Le personnel au sol peut demander le certificat à l’enregistrement comme à la porte : le garder à portée de main avec la carte d’embarquement évite d’avoir à ouvrir le bagage cabine.

Altitude cabine, rayonnement, sûreté

Un avion de ligne est pressurisé à une altitude cabine comprise entre 1 800 et 2 400 mètres environ. La saturation du sang en oxygène baisse légèrement, ce qu’une grossesse normale tolère sans difficulté ; la question se pose autrement en cas d’anémie importante ou de pathologie cardiaque ou placentaire.

Le rayonnement cosmique augmente avec l’altitude et la latitude. Pour un vol occasionnel, la dose reçue reste faible, de l’ordre de quelques centièmes de millisievert pour un aller transatlantique, loin de la limite de 1 millisievert fixée pour le fœtus chez les travailleuses exposées. Le sujet concerne surtout les membres d’équipage, dont les navigantes enceintes sont en général retirées du vol.

Au contrôle de sûreté, le portique de détection et le scanner corporel à ondes millimétriques n’émettent pas de rayonnement ionisant. Une palpation peut être demandée à la place si on préfère.

Ceinture, circulation et place à bord

La ceinture se boucle sous le ventre, à plat sur le haut des cuisses et le bassin, jamais en travers de l’abdomen. Certaines compagnies fournissent une rallonge de ceinture sur demande.

La grossesse augmente le risque de thrombose veineuse, et un vol long l’accroît encore : se lever régulièrement, faire tourner les chevilles et boire de l’eau font partie des gestes de base. Les bas de contention sont souvent proposés pendant la grossesse ; leur intérêt et les autres précautions sur un vol long sont à demander au médecin lors de la visite qui précède le départ.

Le siège côté couloir rend les allers et retours plus simples, surtout quand les toilettes deviennent une destination fréquente. Je reste pour ma part côté hublot, mais pour une passagère enceinte, le calcul est vite fait. La rangée d’issue de secours est exclue : les compagnies n’y placent pas de passagère enceinte, puisque les occupants doivent pouvoir aider à l’évacuation.

Nausées, oreilles et dernières semaines

Les nausées du premier trimestre se gèrent mieux avec une collation légère et une place au niveau de l’aile, où l’avion bouge le moins. Les oreilles bouchées à la descente peuvent être plus marquées pendant la grossesse, car les muqueuses du nez gonflent : déglutir, bâiller ou mâcher pendant toute la descente aide la trompe d’Eustache à rééquilibrer la pression.

Au dernier trimestre, la question n’est plus seulement le vol mais la destination : un accouchement prématuré loin de chez soi pose des questions de prise en charge et d’assurance, et c’est souvent ce point, plus que l’avion, qui fait renoncer à un long voyage tardif.

Questions de passagers

Peut-on prendre l'avion pendant le huitième mois de grossesse ?

Le huitième mois correspond à peu près à la période de 32 à 36 semaines d'aménorrhée : beaucoup de compagnies acceptent encore, avec un certificat récent. Le vol retour doit aussi tomber avant la limite, généralement 36 semaines pour une grossesse simple.

La compagnie peut-elle demander une preuve du terme avant 28 semaines ?

Si la grossesse est visible, le personnel peut demander un document qui indique la date prévue d'accouchement. Garder un compte rendu d'échographie ou une attestation évite toute discussion au comptoir.

Le scanner corporel est-il dangereux pendant la grossesse ?

Les scanners utilisés dans les aéroports européens fonctionnent par ondes millimétriques, non ionisantes, de très faible puissance. Il reste possible de demander une palpation manuelle à la place.