Lire sa carte d’embarquement
Sur un quart de feuille A4 ou un écran de téléphone, chaque case a son rôle, du filtrage jusqu’à la passerelle. Les intitulés varient d’une compagnie à l’autre, en français, en anglais ou en abréviations, mais le contenu de la carte obéit à une norme commune fixée par l’IATA.
Nom, numéro de vol, trajet
En haut figurent le nom du passager, tel qu’il apparaît sur la réservation et donc en principe sur la pièce d’identité, puis le numéro de vol : deux caractères pour la compagnie, AF pour Air France, suivis d’un à quatre chiffres. Le trajet s’écrit avec les codes à trois lettres, CDG–NCE ou ORY–MRS, les mêmes que sur l’étiquette bagage. Sur un voyage en plusieurs vols, chaque segment a sa propre carte ; lors d’une correspondance à Roissy, la seconde est souvent délivrée dès le départ, parfois au comptoir de transfert seulement.
Le PNR à six caractères
Le numéro de réservation, appelé aussi PNR, référence ou code de dossier, est une suite de six lettres et chiffres attribuée au moment de l’achat. Il identifie le dossier dans le système de la compagnie : passagers, vols, options, coordonnées. À ne pas confondre avec le numéro de billet, une série de treize chiffres dont les trois premiers désignent la compagnie émettrice, 057 pour Air France. Avec le nom de famille, le PNR suffit à ouvrir le dossier en ligne, raison pour laquelle une photo de carte publiée sur un réseau social en dit plus qu’on ne croit.
Classe, groupe et séquence
Une lettre isolée, souvent sous l’intitulé « classe », indique la classe de réservation, c’est-à-dire le tarif acheté, et pas seulement la cabine : deux passagers en économie peuvent voyager en Y et en L selon les conditions de leur billet. Le groupe ou la zone d’embarquement fixe l’ordre de passage à la porte ; la plupart des compagnies appellent en priorité les passagers à mobilité réduite et les familles, puis les classes avant et les membres des programmes de fidélité, avant les groupes numérotés. Le numéro de séquence, abrégé SEQ, correspond à l’ordre d’enregistrement sur le vol : il sert aux équipes au sol à pointer les passagers embarqués.
Heure d’embarquement, heure de fermeture
La porte d’embarquement imprimée n’est qu’une indication : elle peut changer jusqu’à l’appel, et les écrans de l’aéroport font foi. Deux horaires se lisent souvent. L’heure d’embarquement marque le début de l’appel, en général 30 à 45 minutes avant le départ sur un moyen-courrier, davantage sur un gros-porteur. L’heure de fermeture de la porte, une quinzaine de minutes avant le départ chez beaucoup de compagnies, est celle après laquelle le passager absent est retiré de la liste, et son bagage en soute débarqué. Entre le contrôle de sûreté, le passage par PARAFE ou la police aux frontières pour un vol hors Schengen et la marche jusqu’à la porte, la marge à prévoir dépend beaucoup de l’aérogare.
Un rang, une lettre
Le siège se lit en rang et en lettre : 23A, 14F. Sur un moyen-courrier à six sièges par rangée, A et F sont les hublots, C et D les couloirs, B et E les places du milieu. Sur un gros-porteur, les lettres vont jusqu’à K, et le I est sauté pour éviter la confusion avec le chiffre 1. C’est la case que je lis en premier : un siège côté hublot en A ou en F, et le type d’avion indiqué sur la réservation, pour savoir de quel côté passeront l’aile et le soleil. Sur un Airbus A320, un siège côté couloir se repère en C ou en D.
Le code-barres BCBP
Le code-barres suit la norme BCBP de l’IATA, généralisée à la fin des années 2000 pour remplacer les cartes à bande magnétique. Sur papier, c’est un PDF417, un rectangle de petits traits empilés ; sur téléphone, un code Aztec ou un QR code. Il contient le nom, le PNR, le vol, la date, le siège, la séquence et des champs propres à la compagnie, et c’est lui que lisent les portiques d’accès à la zone de filtrage, l’agent à la porte et les sas automatisés. Aux États-Unis, la mention SSSS imprimée sur la carte signale un passager sélectionné pour un contrôle renforcé.
Questions de passagers
Faut-il imprimer sa carte d'embarquement ?
La plupart des compagnies acceptent la version sur téléphone, mais certains aéroports ou pays exigent encore le papier sur quelques lignes. Une batterie vide rend la version mobile inutilisable. Beaucoup de voyageurs gardent une capture d'écran ou un double imprimé.
Pourquoi aucun siège n'apparaît-il sur ma carte ?
La place n'a pas encore été attribuée : elle le sera à la porte, souvent quand le vol est plein ou que le tarif ne comprend pas le choix du siège. La carte porte alors une mention du type « GATE » ou « voir porte ». Le passager est bel et bien enregistré.
Que signifie la lettre de classe sur la carte ?
Elle désigne la classe tarifaire du billet, qui détermine les conditions de modification et la priorité en cas de vol complet. Deux voisins d'une même cabine peuvent porter des lettres différentes. La cabine réelle se déduit plutôt du numéro de rang.